La 22e édition des Francouvertes est lancée!

C’est au cabaret Lion d’or, le lundi 19 février, que la première soirée préliminaire de la 22e édition des Francouvertes aura lieu. Encore une fois propulsé par SiriusXM, le concours-vitrine prendra place jusqu’au 7 mai 2018. On pourra y découvrir 21 artistes de la scène émergente au cours des sept soirées préliminaires. Cette année, les participants sont originaires autant du Québec que de l’Ontario et même du Manitoba.

Suite aux soirées préliminaires qui se tiendront tous les lundis, du 19 février au 26 mars et exceptionnellement, le mardi 3 avril, le jury choisira les neuf finalistes qui accéderont aux demi-finales les 16-17-18 avril, puis, à l’ultime soirée qui se déroulera encore une fois au Club Soda, le 7 mai. Le public pourra se procurer des billets à la porte au coût de 10 $ pour les demi-finales et de 20 $ pour la finale. Malgré l’aspect concours de la chose, chacun des artistes peut remporter l’un des nombreux prix grâce à la contribution des 73 partenaires de l’événement, tels que le Voir, Mishmash, Distribution Select, La Noce, Microbrasserie Les Grands Bois, Ambiances Ambiguës, Coup de coeur francophone, Le Festif! de Baie-Saint-Paul, Le Zaricot, le Magasin général Le Brun, Osheaga, Widewood, etc. Le vainqueur repartira avec une bourse de 10 000$ de SiriusXM ainsi que plusieurs autres prix, tels que des heures de studio d’enregistrement, du soutien promotionnel mentorat et plusieurs bourses et prestations rémunérées dans différents festivals.

Voici donc la liste des participants pour la 22e édition des Francouvertes: Gabriel Bouchard, Raphaël Dénommé, zouz (19 février), Jay Scøtt X Smitty Bacalley, Of Course, LaF (26 février), Mathieu Bérubé, Lou-Adriane Cassidy, Valse Fréquence (5 mars), Laura Lefebvre, Julien Déry, Mort Rose (12 mars), Barrdo, Totem Tabou, CRABE (19 mars), Laura Babin, Billy Love Band, Anthony Roussel (26 mars), Rayannah, Héliodrome, Sam Faye et D-Track (3 avril).

Pour la troisième année consécutive, chacune des soirées préliminaires sera ponctuée d’un spectacle dans le volet J’aime mes ex, présenté en collaboration avec la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN). Émile Bilodeau (19 février), Sarahmée (26 février), Les Louanges (5 mars), Maude Audet (12 mars), Marie Claudel (19 mars) David Marin (26 mars), Ivy (3 avril), Rosie Valland (16 avril), Dany Placard (17 avril), et Mon Doux Saigneur (18 avril), viendront casser une chanson en ouverture de soirée sur la scène qui les a accueilli au cours de l’une des 21 précédentes éditions du concours-vitrine.

Cette année, les prestations seront précédées d’un 7 à 8 Boréale, où l’on pourra découvrir les nouveaux produits de la brasserie. L’animation change cette année et elle sera assurée par Isabelle Ouimet, ancienne participante (avec la formation Vulvets) et communicatrice expérimentée.

Une série de documentaires ayant pour titre Les 21, présentés par La Fabrique culturelle et produite par St Laurent TV sera diffusée tous les mercredis. Ils présenteront l’univers des participants du concours-vitrine.

Pour le Prix du public, le vote sera fait sous une nouvelle formule cette année, c’est-à-dire qu’il y aura deux rondes de vote. La première aura lieu du 23 février au 6 avril. Les gens pourront voter en ligne sur www.francouvertes.com du vendredi au jeudi de chaque semaine où se tiennent les soirées préliminaires. Les neufs artistes ayant obtenu le plus grand nombre de votes passeront à la deuxième ronde. Les gens pourront ensuite exprimer leur choix en votant du 19 avril au 4 mai afin de nommer le grand gagnant, qui se méritera deux bourses de 1 000 $ (offertes par SiriusXM et Télé-Québec), une bourse de 1 500 $ offerte par la Caisse de la Culture ainsi qu’un prestation rémunérée à la Maison de la culture de Maisonneuve pendant la série Relève la relève.

Pour tout savoir, restez connectés sur leur site Internet, leur Facebook, leur Instagram et leur Twitter.

 

Milk & Bone – Deception Bay

Milk & Bone
Deception Bay
(Bonsound)

Depuis vendredi dernier, on peut entendre les voix angéliques de Laurence Lafond-Baulne et de Camille Poliquin, qui forment le duo Milk & Bone, sur leur nouvel album de 14 pièces Deception Bay.

Il y a déjà trois ans que les filles ont sorti leur premier album Little Mourning. Bien qu’un peu timides au début, elles ont rapidement fait leur place dans le cœur des gens et ce sont retrouvées rapidement dans mes incontournables à voir en spectacle.

Allons donc au sujet principal: Deception Bay. J’ai l’impression que c’est un album qui peut avoir différentes significations pour chacun. Oui, ce sont des paroles souvent profondes, mais à certains moments on a juste envie de se lever et de suivre le beat. D’autres fois, on a juste envie d’être assis confortablement dans le divan, les yeux fermés à se laisser transporter dans nos pensées en écoutant les mélodies accrocheuses.

Personnellement, cet album me fait passer par plusieurs émotions et tout au long de l’album j’ai le sentiment d’être à l’heure du coucher de soleil par une chaude journée de fin d’hiver; ce sentiment de réconfort d’une autre journée qui est passée, mais dont la soirée est encore jeune.

Le voyage vers Deception Bay commence lentement avec Set in stone qui nous rappelle que rien est acquis et coulé dans le béton. Les envolées sont douces et le ton est bas tout le long de cette chanson. Rien d’agressant; mais surtout elles restent mystérieuses, ce qui donne juste envie d’entendre la suite.

La pièce Daydream a été l’une des premières, sinon la première de cet album a être jouée en spectacle pour donner un avant-goût de ce qui s’en venait pour le nouvel album. C’est un refrain qu’on connait déjà et qu’on aime déjà chanter en l’écoutant sur l’album. Les superposition des voix sur cette chanson et le rythme lent, mais accentué par des beats électro, me donne envie de rêver. J’ai toujours aimé le mélange de voix pures, de synthétiseurs et de sons forts et pesants comme dans Daydream. Même si ce single est sorti en août 2017, ça reste pour moi une pièce de l’album que j’aime encore redécouvrir dans différents moments.

La pièce KIDS prend, comme son nom le dit, une tournure un peu plus enfantine. Les rythme est plus répétitif et on dirait que les filles prennent volontairement un air d’enfant coquin en chantant. Par la suite, Care vient changer le ton, casser la ligne qu’il y a depuis le début. Avec des instruments qui ressemblent à un xylophone et une genre de harpe, on est dans un autre lieu. Je me sentais comme si j’étais Aladin sur son tapis volant; confiant et en apesanteur.

Nevermore est, selon moi, la pièce la plus solide, la plus assumée de cet album. On est loin des filles timides et je les imagine bien en spectacle interpréter cette pièce plus dansante. On redescend du nuage avec Sad eyes, une très bonne pièce qui fait redescendre l’adrénaline. Des fois, il en faut des comme ça.

Tmrw. commence doucement avec des notes de piano graves. Les paroles sont d’autant plus intenses. Selon ma traduction libre, ça ressemble à « J’essuie mes larmes avec tes mains encore  » et continue plus loin avec « Voyons voir ce que nous apporte demain ». Bien que ce n’est pas la mélodie la plus accrocheuse, c’est vraiment la chanson qui me parle le plus dans cet album et dont les paroles me reviennent le plus souvent en tête. Il n’y a rien de plus fort, à mon sens, que quand elles chantent avec intensité en jumelant leurs voix, comme dans Tmrw. à quelques reprises

S’en suit l’Interlude I, que j’aime beaucoup parce que j’ai pu y continuer ma réflexion entamée sur la pièce précédente. Le déluge d’intensité continue avec THE FLOOD, qui, je trouve, apporte moins à l’album que les autres chansons avec ses airs de chanson américaine. L’Interlude II est juste des paroles au ralenti, comme la fonction ralenti sur un vidéo. Je ne comprend pas trop à quoi sert cette pièce, car selon moi la fin de THE FLOOD est une interlude en elle-même, mais j’admire la démarche artistique et l’audace derrière cet interlude.

Et hop, on repart avec Deception Bay, C’est comme un deuxième départ, un renouveau. Selon moi, c’est vraiment la pièce phare de l’album. Elle s’écoute le volume au fond. Puis Faded arrive comme une chanson plus personnelle, vis-à-vis un amour qui ne semble pas fonctionner et une situation qui semble compliquée.

J’aime ça aussi quand il n’y a aucun arrangement par-dessus leur voix, comme dans BBBlue. On ressent toute l’émotion, avec la voix qui casse même à quelques reprises; c’est magnifique. L’album ne pouvait pas finir d’une meilleure façon qu’avec ;’), 2 minutes 26 de mélodies qui nous amènent clairement vers une belle fin, un happy ending avec des petites clochettes pour clore le tout.

Avec cet album, Milk & Bone démontre que Camille et Laurence ne sont pas juste deux belles voix de choristes, mais plutôt des génies des mélodies fortes et accrocheuses. Tout au long de l’album, Camille et Laurence nous font nous sentir en apesanteur, les pieds dans le vide, la tête qui berce et on leur donne facilement une confiance absolue pour nous laisser transporter dans leur monde rempli de rêves.

Lancement Bad Dylan (+Talfast) – Le Pantoum 27 Janvier 2018

La gang de Ville-Marie venait nous dévoiler la nouvelle galette écléctique POGOGO samedi dernier! C’est chez leurs amis du Pantoum qu’ils ont étalé leurs panoplies de textures éléctroniques. Talfast, duo électro éclaté rimouskois, s’occupait de réchauffer le plancher sous nos bas de laine.

Talfast – Photo : Alice Chiche/Le Pantoum

Talfast

Décrire l’ambiance d’une prestation de Talfast, ouvrant pour Bad Dylan, n’est pas l’exercice le plus facile en ville. Néanmoins, la paire Bas-Laurentienne nous en met plein les oreilles. En toute humilité stylistique, je dirais que leurs épopées musicales gigotent entre le «chiptune» futuriste et le «Dubstep». 

«Je sais pas si vous avez remarqué, mais on joue du clavier» 

J’y vais rarement de comparaison du genre, mais leurs sons me fait drôlement penser à The Glitch Mob. On peut clairement affirmer que les gars sont amateurs de jeux vidéos rétros par les trames en 8-bits qu’ils produisent. Les principaux intéressés, Antoine Létourneau-Berger et Robert Auclair adorent aussi les cassures de rythmes. Passant d’une aventure de science-fiction complètement désaxée sur fix my bike à une ballade numérique et progressive comme Collapse.

 

De façon déphasée, synthétique et accélérée, ils profitent du dernier tableau pour balancer du nouveau matériel.

Talfast nous propose une course contre la montre en 2075, la somme d’une belle découverte en ce samedi pantoumien.

Bad Dylan – Photo : Alice Chiche/Le Pantoum

Bad Dylan – Lancement de POGOGO

Dire que le dernier album de Bad Dylan n’est pas complexe serait un drôle de mensonge. Troquant la métropole pour rendre visite à leurs potes du Pantoum, le trio Bilodeau, Payant-Hebert, Pépin avait à peine joué ses premières notes alors que nous étions quasiment tous assis en tailleur.

Les trois gaillards nous ont subjugués de leurs nouveaux sons qui exploitent une multitude de couches électroniques. Explorant un nombre incalculable de styles différents, je dirais que que le disco et l’afrobeat sont prédominants dans l’ensemble de l’oeuvre. L’ambiance? En m’aventurant dans une analogie un peu folle, j’avais l’impression d’un party futuro-disco sur une île d’Hawaii. Les pistes Ain’t No sorry et Annunaki reflètent particulièrement cette vision.

 

Dans une prestation entièrement Instrumentale, ils ont joué la pièce Fièvre mentionnant qu’Anatole s’occupe habituellement du vocal. Respectant une certaine convention de longueur en terme de lancement, leur prestation de courte durée a été purement efficace.

L’univers de Bad Dylan est aussi très fort en textures, eux qui s’associent à l’artiste visuel FVCKRENDER. Normalement, c’est ce dernier qui aurait garni le décor lors du spectacle mais pour l’occasion, Émilie Tremblay s’occupait de l’impressionnant mur de néons en arrière-scène. Notons aussi la sono impeccable, une gracieuseté de Simon Provencher. Un remerciement notoire à Alice Cliche d’avoir prêté ses clichés pour le bien de notre cause!

Première soirée de qualifications du Cabaret Festif! de la relève – Cabaret de la Maison Otis (Baie-Saint-Paul), 27 janvier 2018

Hé qu’on avait hâte de retourner à Baie-Saint-Paul, où nos amis du Festif! (vous savez, le festival de fou auquel on assiste quasi-religieusement depuis quelques années) nous accueillaient samedi dernier pour la première soirée de qualifications de la huitième édition du Cabaret Festif! de la relève. Comme nous vous l’avons dit il y a quelques jours, nous aurons la chance de voir cet hiver douze excellents artistes de tous les horizons nous présenter leurs (beaux) projets musicaux. Leur premier objectif : se tailler une place pour la finale du 31 mars, où les participants auront la chance de remporter des prix d’une valeur totale de plus de 10 000 $ et des prestations au Festif! et ailleurs.

Cette année, l’événement est de retour au Cabaret de la Maison Otis (du moins pour les préliminaires) après quelques années passées dans la grande salle multi de l’Hôtel Germain. Et ben franchement, c’est une bonne nouvelle (même si le photographe en moi grognait un brin… pour rien, comme vous pouvez le voir plus bas). L’ambiance déjà relax du Cabaret (on vous l’a déjà dit, on ne s’y sent pas comme dans un concours) est renforcée par ce cadre intimiste.

Émile Bilodeau – Photo : Jacques Boivin

Avant de commencer le concours proprement dit, les organisateurs du Cabaret ont eu la brillante idée d’inviter un jeune artiste longueuillois de 21 ans qui aurait tout le talent nécessaire pour participer lui-même au Cabaret. Un dénommé Émile Bilodeau, qui fait dans le folk du quotidien qui suscite un certain intérêt chez les spectateurs. Il a dû inviter quelques membres de sa famille à venir l’encourager : on entend du monde chanter ses chansons avec lui.

Blague à part, le porte-parole de cette édition du Cabaret a présenté quelques chansons, dont une plus récente qui montre que depuis qu’il est reparti avec les grands honneurs de la cinquième édition, la plume de ce jeune homme a pris beaucoup de maturité. Il a dû convaincre quelques adolescentes la veille lorsqu’il est allé chanter à la polyvalente du coin parce qu’elles occupaient toute l’avant-scène! Mais les voir chanter, les yeux pétillants et le sourire aux lèvres, les chansons d’Émile, chansons qu’elles connaissaient par coeur, c’est beau.

Fait chaud. On sue déjà pas mal, mais on a la chance de ne pas se trouver sous les projecteurs. On ne reste pas trop loin, parce que le premier groupe entre en scène, mais on irait bien se lancer dans un banc de neige (bien lourde et mouillée) dehors.

The Johans – Photo : Jacques Boivin

La première formation en lice est un duo folk de Québec nommé The Johans et composé d’Émilie Rochette et Cynthia Larouche. Premier constat : comment ont-elles fait pour passer complètement sous notre radar depuis leurs début? Bien qu’encore un peu vertes, les deux filles sont super talentueuses. Elles ont le sens de la mélodie, qu’elles affichent avec une belle authenticité, sans compter une belle présence sur scène (on est dans un concours et les grands prix comprennent des grosses prestations, alors c’est important!). Accompagnées de deux musiciens pour l’occasion, Émilie et Cynthia n’ont eu aucun mal à convaincre le public, qui a accepté leur proposition avec enthousiasme. Émotion et conviction assorties de mélodies efficaces. Je pense qu’on va revoir ces deux-là plus tôt que tard.

Laura Babin – Photo : Jacques Boivin

Laura Babin a ensuite foulé les planches pour nous présenter quelques-unes de ses chansons. Même si on l’avait déjà vue voler solo, il était intéressant ici de la voir proposer son rock aérien dans un trip à trois bien exécuté. On a Water Buffalo et ses couplets aussi lents que ses refrains sont intenses en tête depuis.

Les Monsieurs – Photo : Jacques Boivin

Parlant de trip à trois, ce sont Les Monsieurs qui ont le plus impressionné les membres du jury en cette première soirée. En formule trio (un membre était absents), les trois musiciens ont livré une prestation convaincante en menant une charge à fond de train. Des textes solides et engagés, une musique livrée avec énergie brute, un rock typiquement québécois, un projet prêt pour la scène, on peut comprendre pourquoi le jury les a choisis.

De la Reine – Photo : Jacques Boivin

La soirée s’est terminée avec nos chouchous pantoumiens De la Reine. La pop groovy aux accents trip-hop d’Odile Marmet-Rochefort, Vincent Lamontagne et Jean-Étienne Collin Marcoux a visiblement plu aux Charlevoisiens qui ont écouté attentivement, sauf pour applaudir les prouesses de nos trois musiciens (surtout les solos de Vincent et les envolées d’Odile – qui m’impressionne chaque fois que je l’entends). Seul regret : vingt minutes ne suffisent pas pour saisir toutes les nuances de la proposition du groupe de Québec. De la Reine a remporté le vote du public, ex aequo avec The Johans; les deux formations seront donc du vote Internet qui se déroulera en mars prochain, juste avant la finale.

On a passé une maudite belle veillée à Baie-Saint-Paul avec quatre formations complètement différentes, mais toutes talentueuses. Sur papier, il était difficile de prévoir un gagnant. Après avoir vu les quatre prestations, il était encore plus difficile d’en déterminer un.

Ça annonce bien pour la suite. Prochain rendez-vous le 17 février avec Artifice Palace, Jessy Benjamin, Joey Robin Haché et Natation. Ben franchement, on sait pas qui va se démarquer. Et c’est bien ainsi! Billets en vente ici :

Galerie photos :

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Fred Fortin (+ Gabriel Bouchard) – Impérial Bell, 27 janvier 2017

Après plus d’un an de tournée ensemble, Fred et sa bande ont livré une ultime performance qui marqua très certainement tous ceux et celles qui ont eu le privilège d’assister à cette soirée inoubliable.

Gabriel Bouchard – Photo : Charline Clavier

Gabriel Bouchard

Le samedi 27 janvier, j’ai eu le plaisir de découvrir Gabriel Bouchard. Le jeune homme originaire de Saint-Prime au Lac Saint-Jean (municipalité où Fred Fortin a aussi grandi) a assuré la première partie du spectacle en solo avec sa guitare. Ses textes racontent des histoires de grosses soirées et d’amours manqués avec un débit qui rappelle un peu le folk trash. Les thèmes abordés dans ses textes, sa prestance et son style musical nous rappellent les échos d’un autre Fortin… Dédé! Devant un auditoire semi-attentif, Gabriel Bouchard a enchaîné ses chansons en réussissant à capter l’attention de quelques curieux. J’ai même aperçu quelques fans qui chantaient en choeur plusieurs de ses refrains.

On a pu avoir des versions solos des pièces de son EP Cerveau-Lent, sorti cet automne. J’ai beaucoup apprécié la balade « Yé passé où l’soleil? », où Gabriel Bouchard nous a démontré l’étendue de ses capacités d’auteur-compositeur-interprète. Le texte est à la fois nostalgique et d’une candeur déchirante.

Cette mise en bouche nous a donné envie d’en entendre plus, et la prochaine fois, avec son groupe. Peut-être aurait-il pu mieux capter l’attention de la salle avec une formule full-band. N’empêche que Gabriel Bouchard a livré une très belle performance. Nous avons hâte de le revoir.

Fred Fortin – Photo : Charline Clavier

Fred Fortin

Le dernier show d’une tournée qui dure depuis 2016, ça se fête en grand ! Plusieurs se souviennent du spectacle de Fred Fortin à l’Impérial cet été à l’occasion du Festival d’été de Québec (FEQ). Le 27 janvier, nous avons eu le spectacle complet : une soirée où Fortin était maître de cérémonie et le public, rassemblé en fidèles, a écouté ses chansons défiler pendant plus de 2 heures.

Ce public m’a d’ailleurs surpris ; il était composé autant de fans dans la vingtaine que de vétérans autour de la quarantaine. C’est à la suite de ce constat que je me suis souvenu que son premier album, Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron, date de 1996, ce qui explique l’étendue d’âge de son public. Amassée devant la scène, la foule a tout de suite réagi aux premières notes d’une belle introduction planante avant « Oiseau », cette chanson incroyable qui m’a tout de suite conquis lors de ma première écoute de son plus récent album, Ultramarr, à sa sortie.

Composé surtout de pièces dudit album, sa set list faisait cohabiter autant les chansons plus rock que folk doux du répertoire de Fortin. Quoique durant cette soirée-là, on a eu droit à des versions électriques pesantes de plusieurs chansons. C’est le cas de « Gratte », où Fred a livré un long solo de guitare bien appuyé par ses musiciens. Et ses musiciens, justement, parlons-en ! Pour ce spectacle full band, l’artiste s’est entouré d’une bande de musiciens les plus talentueux les uns que les autres. La chimie entre Olivier Langevin et lui-même, le duo vedette de Galaxie, était palpable. On a eu droit à des vrais jams aux influences notables de Gros Mené (entre autres dans « Ti-chien aveugle ») par le son lourd et puissant de cet autre projet du duo.

Alors que la formation quittait la scène après une version allongée de « Scotch », nous étions certains que le concert était fini. Évidemment, nous en redemandions plus. Fred est revenu sur scène pour deux chansons solos qui lui ont valu un sincère et émouvant « Merci Man ! » d’un spectateur visiblement très ému du moment qu’il vivait. C’est alors que le groupe est encore revenu sur scène pour un dernier 30 minutes de pure folie où le jam et la complicité étaient les seuls maîtres.

Le groupe semblait lui aussi ému lors des derniers adieux. Après plus d’un an de tournée ensemble, Fred et sa bande ont livré une ultime performance qui marqua très certainement tous ceux et celles qui ont eu le privilège d’assister à cette soirée inoubliable.

Ne vous inquiétez pas, vous aurez encore la chance de revoir Fred Fortin dans les prochains mois : il entame une série de spectacle solo auxquels nous avons déjà hâte d’assister.

Merci Fred pour cette soirée intense. Merci pour ta musique ! Nous attendons la suite.

 

 

Jean-François Bélanger – Grand Théâtre de Québec, 28 janvier 2018

Cette musique est un conte fantastique où les nombreux instruments de Jean-François Bélanger racontent l’écho des siècles qui aurait porté cette musique jusqu’à nos oreilles.

Le dimanche matin, ce n’est pas toujours facile de sortir de chez soi. Surtout lorsque la veille on a vu Fred Fortin à l’Impérial…

 Armé de mon courage et de mon enthousiasme pour la découverte, j’ai monté l’escalier de Saint-Roch vers le Grand Théâtre où Jean-François Bélanger se produisait dans le cadre de la série de concerts les « Croissants-Musique ». Cette fabuleuse initiative nous permet d’aller voir gratuitement des groupes dans le foyer de la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, environ une fois par mois. Je vous suggère fortement d’aller voir la programmation et d’assister à ces belles matinées !

Jean-François Bélanger est un multi-instrumentiste s’intéressant beaucoup aux instruments scandinaves. Sur scène, il joue du nyckelharpa, du tenor harpa, de la contrabasse harpa (des cousins nordiques de la viole de gambe) ainsi que du violon Hardanger (le cousin nordique du violon).

Il présente des compositions originales inspirées fortement des sonorités propres à la musique traditionnelle du Nord de l’Europe. Sa musique n’a rien d’exclusif à une seule culture : le musicien nous propose un voyage sur une terre qui n’existe pas, un endroit idyllique où les peuples et les cultures cohabitent en paix. La musique traditionnelle évoque un sentiment de retour à la terre ainsi qu’une certaine nostalgie. Cette musique est un conte fantastique où les nombreux instruments de Jean-François Bélanger racontent l’écho des siècles qui aurait porté cette musique jusqu’à nos oreilles.

C’est devant un auditoire assez âgé, mais très nombreux, que Jean-François et son groupe débutent le spectacle avec le premier titre figurant sur son plus récent album : Les eaux de l’oubli/Jökulhlaup. Cette pièce nous transporte tout de suite dans ce monde imaginaire en raison des influences moyen-orientales et scandinaves sur les mélodies entendues. Ce métissage pourrait nous paraître curieux, mais la virtuosité des instrumentistes nous convainc tout de suite et nous transporte. Le voyage est entamé.

Jean-François était accompagné par une brochette très impressionnante de musiciens. Élisabeth Giroux au violoncelle brillait par la clarté et la virtuosité de son jeu, surtout dans la « Valse militaire » ainsi que dans « Les ogres de Barbarie ». Le guitariste Yann Falquet nous a beaucoup impressionné par sa créativité à la guitare, mais aussi par les chants harmoniques qu’il exécutait dans plusieurs pièces. Cette technique vocale permettait de soutenir l’atmosphère sonore des pièces par ce son riche en harmonique. Finalement, le percussionniste Bernard Ouellette démontrait une polyvalence incroyable et maniait tous ses instruments à la perfection lors de ses interventions toujours très pertinentes.

Le groupe, qui nous a tantôt bercé avec des chansons comme « Les ornières du vide » et « Les eaux de l’oubli », nous a aussi donné envie de danser avec les plus énergiques « La Tiraille » et « Les ogres de Barbarie ». La chanson « Pitou’s trip to Norway » était très intéressante. Elle est un hommage au violoniste traditionnel québécois Louis « Pitou » Boudreault, reconnu pour son légendaire furieux coup d’archet. Dans cette chanson, ce coup d’archet est utilisé pour jouer une mélodie sur le violon Hardanger.

Après une heure de pur bonheur, le public en redemanda et la formation termina en beauté cette matinée musicale avec la très entraînante pièce « La Tiraille ».

Je vous conseille fortement de vous procurer ses deux plus récents albums, Les vents orfèvres (2014) et Les entrailles de la montagne (2017), qui ont été enregistrés comme un diptyque sur quatre ans. C’est une musique qui vous fera assurément voyager en Europe du Nord et plus loin encore…

Entrevue : Olivier Langevin (Galaxie)

Super Lynx Deluxe, c’est l’appellation du dernier né du groupe Galaxie mené par Olivier Langevin et comme d’habitude c’est un party musical. Riffs dansants, rythmes percussifs efficaces signés Pierre Fortin, textures riches souvent portées par l’expérimenté François Lafontaine aux claviers et textes naviguant dans les eaux troubles des dérapages nocturnes, on reconnait d’emblée la signature Galaxie. Nous avons profité du passage de Langevin lors de la clôture de la tournée de Fred Fortin pour parler de cette nouvelle oeuvre; une véritable synthèse de tout ce qu’a fait Galaxie, avec en prime un pas en avant dans l’exploration de nouvelles dynamiques et sonorités. En plus, l’album sort directement en vinyle (avec en prime une réédition de Tigre et Diesel, on nous susurre que l’idée de relancer les deux premiers albums suit son cours) ce qui permettra aux fans de profiter pleinement de la superbe pochette de Martin Bureau.

En guise de prologue, j’ai demandé à Olivier Langevin de nous parler de ses états d’âme au sujet de dernier concert qu’il devait donner le soir même à l’Impérial Bell avec Fred Fortin pour sa tournée Ultramarr. «C’est le dernier show avec notre beau Fred, ça va être émotif j’ai l’impression. Pour vrai c’est un peu triste, parce que c’est une belle gang, un beau band. Frank, Fred pis moi, on continue dans Galaxie, mais on se sépare quand même de Jocelyn (Tellier, guitariste) et Samuel (Joly, batteur) et des techs faque c’est un peu triste même si on sait qu’on va refaire des trucs ensemble.»

Lorsque je le questionne sur l’explosion de popularité de leurs projets respectifs il explique avec humilité: «Je pense que c’est le travail des années, on enligne les projets que ce soit Galaxie, ou lui, ou Gros Mené, on tient notre monde en vie, puis c’est la même base de fans qui vient nous voir. Je pense que c’est l’accumulation et le travail à long terme qui a créé tout ça.» Au sujet de cette popularité qui est survenue pas mal en même temps que la chute des ventes d’albums, il mentionne ne pas vraiment penser à ce genre de chose. «Je l’sais pas, on a tellement toujours été un peu à côté de la track, oui on pourrait faire des statistiques et se dire que si on vend 10 000 disques aujourd’hui ça aurait pu être 3 ou 4 fois plus en 95, mais ça devient un peu inutile. J’ai l’impression que peu importe, ça aurait été un peu la même affaire. Je suis pas aigri en tout cas. Ça va bien, on tourne en masse tout le temps. J’espère que ça va continuer. On a du fun à jouer ensemble, autant qu’avant, sinon plus! On continue à s’améliorer un p’tit peu. On est choyé de pouvoir continuer à faire ça pis on a du beau monde qui vient nous voir.»

Nous sommes ensuite entrés dans le vif du sujet, soit ce disque tout frais qui arrive chez les disquaires ou autres plateformes numériques aujourd’hui même. Je voulais d’abord savoir s’il y avait eu une ligne directrice pour l’élaboration de cet album. «Pas vraiment, d’habitude après une tournée je mettais la clé dans la porte et je switchais sur d’autres projets. Celui-là on a commencé à l’enregistrer à la fin de la tournée de Zulu. On s’est installé à mon studio; j’avais continué à composer, et on s’est dit qu’on essayait de ne pas perdre le beat. Comme des vieux ados on a trippé, sans se dire qu’on tapait un album. Après la première fin de semaine, on avait déjà la toune Phénoménal de faite. On a continué à se faire des petits meetings de même pendant l’année et l’album a fini par apparaître au travers de tout ça assez facilement.» Bien qu’il reste dans les voûtes 4-5 chansons ou ambiances qui cadraient moins sur l’esprit “Super Lynx”, on retrouve sur le nouvel album l’essentiel du processus créatif de la dernière année. «C’est beaucoup Pierre Fortin, Frank (Lafontaine) pis moi qui travaillons sur les versions live des chansons. Après on rajoute parfois des trucs avec d’autres.» Le contexte de création est important aussi. Quand il travaille seul dans ses affaires, l’horaire 9 à 5 fonctionne assez bien avec les hauts et les bas inhérents à la création. Cependant, quand vient le temps d’enregistrer en gang, il faut pouvoir oublier le temps et laisser aller les choses, même si ça représente un défi supplémentaire avec les familles et les projets de tout le monde.

Même s’il arrivait en studio avec des idées embryonnaires pour laisser toute la place au reste du trio et éviter le piège du démo qu’on cherche à reproduire, le groupe a tout de même conservé quelques pistes de guitare qui apparaissaient sur les démos. Une façon de conserver une touche de l’élan initial. Questionné sur la concision des albums de Galaxie, Olivier explique: «C’était pas conscient, mais ce l’est devenu. J’aime vraiment les albums courts et directs; lorsque tu finis l’album pis que t’as le goût de recommencer. Surtout dans le style de Galaxie, ça marche bien, j’aime ça que ça y aille!»

Les thématiques nocturnes et psychotropes sont encore centrales sur ce nouveau disque. Je lui ai demandé si Galaxie était au fil des ans devenu le meilleur véhicule pour les dérapes. «Le psychédélisme a toujours été dans le lexique et dans l’ambiance du groupe. C’est un thème qui fitte bien avec la musique. Au fil des albums, Galaxie est presque devenu un personnage. J’me sers de ce buzz-là quand je compose.» Il nuance cependant sur le party constant dans les paroles de Galaxie: «Un écrivain d’horreur ne torture pas du monde dans son sous-sol(rires)! Il y avait encore un peu des effluves de la tournée qu’on venait de finir; des insides, on devient un peu fou. Les bibittes qu’on avait dans la tête à la fin de la tournée de Zulu se promènent un peu sur ce disque-là…»

 

En parlant de la tournée à venir, Olivier espère voir le groupe continuer sur sa lancée: «Pierre est arrivé vers la fin du Temps au point mort. Ça fait donc plus de 10 ans qu’on tourne ensemble. On a commencé à répéter la semaine passée et c’était vraiment le fun à jouer live. J’ai hâte au lancement la semaine prochaine même si on fait seulement 4-5 tounes.» Avec une discographie toujours grandissante vient aussi le moment de choisir ce qui fera son chemin jusque dans les concerts. «On ne faisait plus vraiment de chanson du premier disque, on va voir si on ramène quelque chose, mais on aura sûrement une ou deux tounes du Temps au point mort. On monte les nouvelles tounes en premier et quand on fait les vieilles on s’ajuste avec les nouveaux sons pour monter des nouvelles versions. Il y a beaucoup d’improvisation dans les spectacles aussi donc on va aller ailleurs, on est dans d’autres buzz. On commence à devoir enlever des tounes qu’on aimait vraiment jouer.»

Avant notre discussion pour découvrir le côté mélomane d’Olivier Langevin, nous avons parlé d’une des facettes qu’il semble affectionner spécialement dans son métier: la réalisation d’albums. Jusqu’au dernier disque, on l’a entre autres vu aux côtés de Mara Tremblay, mais il a aussi réalisé des disques de Vincent Vallières, des Dale Hawerchuk ou de I.No. Si son horaire chargé l’a obligé à refuser quelques projets, il aimerait travailler sur les albums des autres dans un futur proche.

Questionnaire musical en vrac:

Quel album a tourné le plus dans la van récemment?

(Hésitations) J’ai écouté beaucoup de King Gizzard. J’aime ben I’m in Your Mind Fuzz. À la maison c’est plus jazz. Beaucoup de Charles Mingus et du Monk. Je suis retourné acheter des vieux vinyles de jazz. J’ai vraiment trippé aussi sur le nouveau disque de Laura Sauvage. J’haïs ça répondre à ces questions-là, j’vais m’en souvenir en marchant tantôt!

Achètes-tu généralement ta musique en vinyle?

Oui, mais je m’autovole aussi avec apple music. J’fais les deux en fait. Numérique ça reste vraiment pratique. Les vinyles sont pas donnés non plus, quoique c’est l’fun en tabarouette de tout racheter. Faire des bons coups dans l’usagé c’est vraiment cool.

C’est quoi le dernier vinyle que tu t’es acheté?

C’est Freak Out! de Frank Zappa, je l’ai acheté usagé il y a deux jours justement. On dirait qu’il sort du magasin, je suis très content.

Si tu pouvais entendre un album de n’importe qui de vivant en 2018, ce serait qui?

Qui qui n’a pas sorti de quoi depuis longtemps qui serait débile? Je partais pour dire Beck, mais il vient d’en sortir un que le monde a moins aimé. Yé pas pire finalement. Je l’ai réécouté et y’a des affaires assez débiles. J’aimerais ça que Tom Waits sorte un disque, ça fait vraiment longtemps. J’ai aussi hâte d’entendre l’album complet de Superorganism, un genre de band avec du monde qui vient d’un peu partout dans le monde. La toune Something for your M.I.N.D, c’est pas mon style de musique, mais c’est hyper accrocheur.

Peux-tu me nommer un des spectacles marquants que tu as vus dans ta vie?

Y’en a tellement… j’te dirais les Breeders au Café Campus quand ils ont sorti Title TK (en 2002). Ce show-là était incroyable. J’les ai revus à Paris, pis c’était pas terrible. Le show au Campus, je vais m’en souvenir toute ma vie.

Les Melvins au D’Auteuil, on était 15 dans la salle. C’était incroyable. Il y a aussi un show de Jon Spencer au Métropolis dont je vais me souvenir longtemps. Le dernier show de Beck à Place-des-Arts (en 2014) c’était fou; ça, pis la tournée de Midnight Vultures au CEPSUM.

Finalement, j’aimerais te replonger dans tes souvenirs et que tu essaies de trouver quel disque synthétise ce que tu écoutais le plus au moment de rentrer dans la création de tes albums en commençant par le premier, Galaxie 500.

Pour Galaxie 500 ça serait Jon Spencer Now I Got Worry. Pour Le temps au point mort, je me souviens que je buzzais sur Medulla de Bjork. J’écoutais ça non-stop. Ça fit pas avec l’album, mais ça m’a vraiment beaucoup influencé dans la création. Tigre et Diesel je te dirais… ça devait être Modern Guilt de Beck qu’on écoutait en fou. Pour Zulu, je ne me rappelle plus…

C’était pas un peu plus le blues touareg l’inspiration?

Non le touareg ça venait plus du passé. J’avais trippé Ali Farka, c’est des affaires que je trainais et que je voulais essayer. Je trouve pas de quoi de spécifique… ah! peut-être Dr John, l’album Locked Down produit par Dan Auerbach. Pour Super Lynx Deluxe ce serait Mingus. Je trippe Mingus ben raide, même si ça n’a aucun rapport avec l’album.

Hubert Lenoir – Darlène

Hubert Lenoir
Darlène
(Simone Records)

Aujourd’hui, je vous emmène au cinéma avec le premier album solo d’Hubert Lenoir, qu’on connaît mieux (du moins jusqu’à maintenant) sous le nom d’Hubert Chiasson, chanteur de The Seasons. Intitulé Darlène, cet album presque entièrement dans la langue de Leloup pourrait bien se retrouver dans les listes de fin d’année (kin, vlà le punch, on a aimé, mais là, on va vous dire pourquoi).

Darlène, c’est un gros morceau d’une oeuvre multi qui comprend également un roman de Noémie D. Leclerc, ainsi que des illustrations et un moyen-métrage de Gabriel Lapointe. Sauf que cet album, ce n’est pas une simple piste musicale, oh que non! C’est une oeuvre cinématographique complète qu’on peut facilement voir en fermant les yeux et en ouvrant grand les oreilles.

Premier constat : la pochette. On croirait l’affiche d’un film de Xavier Dolan.

Écrit, composé et interprété par HUBERT LENOIR

OK, c’est clair, on est aux vues. Ou devant une comédie musicale.

On appuie sur PLAY. En guise de lever de rideau, une pièce en trois parties intitulée Fille de personne. Ça commence doucement, avec un air de piano un brin introspectif. Une touche de jazz. Qui ne nous prépare pas du tout à ce qui va suivre. Fille de personne II est un bijou de pop teinté de soul.

J’ai déjà vu des films d’amour surexposés
T’es le plus beau des films que j’ai regardés

Difficile de dire si c’est la mélodie trop irrésistible, les paroles – simples mais efficaces, l’omniprésence du saxophone et de la cloche à vaches ou la voix particulière de Lenoir, qui garde son petit côté britpop qui fonctionnait si bien avec The Seasons. Et ça marche toujours en français : Lenoir a réussi à trouver le bon niveau et le bon débit et à bien les transposer dans un genre fait sur mesure pour une autre langue sans négliger les textes eux-mêmes.

La suite de l’album nous permet de voir Lenoir frayer avec le prog (Fille de personne III) et l’indie pop (Recommencer), nous chanter la pomme (et la liberté) sur Wild and Free, se donner des airs de Prince de Beauport (Ton hôtel, jouissive), servir un excitant trio de morceaux instrumentaux faisant la part belle au saxophone (Darlène, Darling, colorée et entraînante, Momo, cérébrale, et Cent-treizième rue, festive), ajouter de nombreuses couches de blues sur Si on s’y mettait (oui, oui, de Jean-Pierre Ferland) et nous faire verser une larme en terminant avec le piano-voix Noémie.

On est tout simplement bombardé de sonorités, de textures et d’émotions différentes! Heureusement, le fil conducteur est très fort et les pièces du puzzle tombent facilement en place. On suit cet ode à la liberté, à l’émancipation et à l’amour avec intérêt, en se demandant où diable Lenoir va nous emmener à la chanson suivante. Ça a permis au jeune auteur-compositeur-interprète (on l’oublie, mais il n’a que 23 ans!) de nous préparer un tracé digne des plus belles montagnes russes.

Une douzaine de musiciens a collaboré à l’enregistrement de l’album, qui a été coréalisé par Lenoir et Alexandre Martel. Une collaboration fructueuse pour le Beauportois qui a trouvé en Martel la personne idéale pour libérer le Bowie en lui.

Darlène fait partie de ces albums qui nous font voyager dans un univers cinématographique. On n’a pas besoin de forcer très fort pour s’imaginer dans cet univers, pour sentir cette soif d’émancipation qui a tant inspiré Lenoir et son amoureuse Noémie. Darlène, c’est un cri du coeur qui s’adresse à toute une génération, un appel à prendre son destin en main et à être tout ce qu’on veut. C’est une plateforme où Lenoir prend des risques et sort des sentiers battus tout en restant extrêmement accessible.

Cet album va faire beaucoup de bruit. Et, avec un peu de chance, faire plein de bébés.

À se mettre entre les oreilles au plus pressé.

Écoutedonc.ca sur les ondes du CFOU 89,1 FM (Mauricie), 31 janvier 2018

Écoutez Karina, Marianne et David sur les ondes du CFOU 89,1 FM mercredi le 31 janvier dernier:

Un maudit gros Phoque OFF!

La programmation du Phoque OFF 2018, qui se proclame (avec raison) « le festival de diffusion alternative déjanté » et qui se déroulera du 11 au 14 février, a été dévoilée . Pour ceux qui ne connaissent pas, le Phoque OFF se déroule depuis quelques années en marge de la Bourse RIDEAU et on l’a vu rapidement trouver sa voie… et sa personnalité. L’année dernière, on a pu y voir, entre autres, Anatole, Gab Paquet, Mauves, Caravane, Sandveiss et The Damn Truth. Et cette année, le Phoque OFF s’ouvre à de nouveaux horizons musicaux tout en présentant une série de discussions (Messe Basse, dont on vous a parlé en même temps que le dévoilement de RIDEAU).

Anatole est de retour au Phoque OFF cette année. Photo : Jacques Boivin (archives)

Présentées en collaboration avec un paquet d’organismes et d’entreprises qui gravitent autour des scènes locale et indépendante, ces vitrines seront l’occasion pour les gens du milieu et les mélomanes de tous les horizons de faire de belles découvertes.

Louis-Philippe Gingras – Photo : Jacques Boivin

Cependant, il va falloir user nos souliers pour passer d’un lieu à l’autre parce que les choix sont nombreux… et déchirants! On ne mentionne que quelques noms, question de vous mettre l’eau à la bouche : Jérôme St-Kant, Fria Moeras, Mélanie Venditti, Prieur & Landry, Valery Vaughn, Olivier Bélisle, Kyra Shaughnessy, Raton Lover, Val Thomas, Oktoplut, Floes, Louis-Philippe Gingras, Anatole, Mathieu Bérubé, Laura Babin, Mat Vezio, Beat Sexü, Bad Dylan, Fuudge, Lubik, Les Trimpes, Choses Sauvages, La famille Ouellette, Mort Rose, Les Hôtesses d’Hilaire, Le Winston Band, Laura Lefebvre, Lakes of Canada et de nombreux autres artistes à découvrir ou à redécouvrir.

Le plus beau, c’est que vous pourrez voir toutes ces belles gensses en vous procurant un laissez-passer qui vous coûtera moins de 25 $!

Pour en savoir davantage sur le Phoque OFF (notamment la programmation complète), visitez leur site Web!

Laissez-passer en vente ici :