on aime… le grand retour de Jean-Luc Mongrain

Bon, je sais, je sais, vous venez ici pour faire des découvertes, pis je vous arrive avec un gars qu’absolument tout le monde connaît au Québec. Un gars qui meublait mes matinées de journées pédagogiques quand il sévissait à Télé 7 Sherbrooke (et à Télé 4 Québec) avec ses grands yeux fâchés et la moustache la plus expressive sur le marché. Yep, aujourd’hui, on parle de Monsieur Métrostar, le seul et l’unique Jean-Luc Mongrain.

Je me souviens encore de ses pétages de coche en règle quand une madame l’appelait pour vomir son racisme. Ou quand il était exaspéré par le ridicule des listes de matériel scolaire qu’on demandait aux parents d’acheter pour la rentrée de leurs mômes (je trouvais ça drôle, plus jeune, mais maintenant que je suis parent, christie qu’il avait raison!).

Non, j’étais pas toujours d’accord avec lui, mais ce qui me fascinait par rapport à d’autres grandes gueules de la télé et de la radio de l’époque (et d’aujourd’hui), c’était sa capacité de débattre avec les gens, son ouverture devant les opinions qui n’étaient pas les siennes, tant qu’elles étaient formulées avec respect.

Après avoir tout fait à la télé, Mongrain s’est accordé une pause bien méritée. Puis est arrivée la COVID-19.

Quand le tout a commencé, on était inquiets, mais on s’est plié de bonne grâce aux directives de nos gouvernements. Notre « effort de guerre », qu’ils disaient. Ça ne veut pas dire qu’on allait bien. On avait nos craintes, nos doutes, nos peurs. On voyait qu’en haut, ça n’allait pas toujours aussi bien qu’on l’espérait.

On avait besoin d’être rassurés, on avait besoin d’être rassemblés. Surtout, on avait besoin d’un gars intègre qui a fait de la bullshit sa némésis. Le genre de gars qu’on croit quand il nous parle.

Jean-Luc Mongrain aurait probablement pu se trouver une place de choix à la télé, surtout avec les programmations qui ont été chamboulées de part et d’autre. Il aurait pu en profiter pour signer un généreux contrat et faire quelques piastres qu’il n’aurait volées à personne.

Il a préféré s’installer sur une plateforme où il pourrait rejoindre tout le monde, quelles que soient leurs allégeances politiques et leurs luttes sociales : Facebook. Une suggestion de son fils Marc Etienne (que vous connaissez pour ses magnifiques photos d’artistes signées LePetitRusse), qui s’est entouré de quelques amis pour venir en aide à son père et s’improviser gestionnaire de communauté.

Le résultat? Une page ou M. Mongrain nous envoie régulièrement des vidéos où il tente de nous expliquer ce qui se passe. Il nous donne de l’info essentielle. Il nous fait part de ses craintes. Lorsqu’il exprime son opinion, celle-ci est posée, rassembleuse. Et surtout, comme dans le bon vieux temps de ses lignes ouvertes, il laisse la chance au public de s’exprimer, qu’il soit d’accord ou non.

Il faut dire que la section commentaires des publications de Mongrain est fortement modérée par une équipe qui travaille sans relâche. Les insultes? Out. Les « infos » qui ne proviennent pas de sources fiables? Out. Donnez-la, votre opinion, mais faites-le dans le respect en vous appuyant sur des faits.

C’est ridicule combien cette façon de faire semble novatrice sur les réseaux sociaux, où les médias laissent les commentaires de tout le monde à moins qu’on tombe vraiment dans les actes criminels. Au nom du clic.

Pourtant, Jean-Luc Mongrain génère autant de clics, sinon davantage, que ces médias. Pourquoi? Parce que qu’on soit de gauche ou de droite, populiste ou intellectuel, on a une plateforme où la qualité prime sur la quantité. Si tu sais que ton commentaire risque de sauter dans les 3 prochaines minutes sans que personne ait eu la (mal-)chance de le lire, tu vas te forcer un peu. Bien sûr, y’a des commentaires qui vont te faire lever les yeux au ciel parce que t’es en total désaccord. Mais tu peux y répondre. Dans le respect.

Cette « expérience » montre les bons côtés des réseaux sociaux, qui sont des facilitateurs d’échanges incroyables lorsqu’on s’en sert de la bonne manière.

Chapeau, messieurs Mongrain et toute l’équipe.